Que celles d’entre nous qui n’ont jamais, oh grand jamais, vécu le syndrome du « je n’ai rien à me mettre », parlent maintenant ou se taisent à jamais! Ce sentiment de désespoir stylistique, cette crise de nerfs qui parfois nous fait renoncer à toute éventuelle sortie… « Plutôt mourir que de sortir dans cette robe qui a l’âge de Jésus Christ! » (Traduire: soldes d’été de l’année dernière). Toutes les femmes ont vécu ça au moins une fois dans leur vie.

Comme toute maladie elle peut se déclarer sous différentes formes. Il y a la mini crise qui passe aussi vite qu’elle ne s’est déclarée, la chronique, qui est toujours là mais qu’on a plus ou moins appris à apprivoiser. Il nous reste alors la pire des espèces , la maniaco dépressive , celle qui nous couche à terre au milieu de notre dressing éventré avec l’envie de mettre fin à nos jours à coup d’étranglement de leggins démodés ou d’étouffement de jupe crayon qui écrase nos fesses et de pendaison de jeans boyfriend. Ce véritable fléau (non je n’exagère pas!) touche principalement les femmes. En effet il semblerait que même si la mode est aussi bien féminine que masculine, nous les femmes, donnions à nos vêtements une mission bien plus importante que de simplement nous couvrir. Chaque matin le look que nous choisissons a pour vocation d’être le médiateur visuel entre notre « nous intérieur » et notre « nous extérieur ». Quand on connait un peu le bazar qui règne dans chaque âme féminine alors on comprend mieux le problème…

Nous avons tendance à demander à notre petite robe de nous rendre heureuse quand on déprime, à notre top préféré de nous rendre sexy quand on se sent grosse et moche, à notre jean skinny de nous donner confiance en nous quand on a l’impression de ne plus être celle que l’on était et à notre jupe de nous rendre désirable quand notre homme ne nous regarde plus. Comme si ce n’était déjà pas assez pour des bouts de tissus , il faut que notre look traduise notre humeur, notre « mood » du jour, jonglant sans cesse entre ce que nous sommes vraiment et ce que nous aimerions être. Le vêtement n’est pas seulement le moyen de ne pas sortir nu, il est parfois notre meilleur ami, parfois un artifice qui nous travestit pour mieux nous dérober aux regards des autres, il est en tout cas bien plus qu’un tissu qui se balance au bout d’un cintre. Un jour il nous donne la sensation de pouvoir conquérir le monde et puis un matin sans crier gare il nous trahit, nous renvoyant en pleine face que le temps a passé, qu’il ne nous va plus, où que simplement la magie n’opère plus… Ce vêtement, qui lors de son achat nous donnait ce sentiment que tout était de nouveau possible, a perdu son pouvoir et nous semble fade et vieux. Il est alors évident, que bien souvent, il n’y ait rien dans notre armoire qui ait les épaules pour cette mission.

L’achat d’une nouvelle pièce représente bien plus qu’un petit moins devant le chiffre de notre compte bancaire. Elle est cette nouvelle chance de briller, de s’aimer, de séduire celui qu’on aime et tous les autres avec! Il nous donne cette impression d’avoir une nouvelle peau et l’espace d’un instant, d’avoir le droit nous aussi comme Carrie Bradshaw, à notre ralenti au milieu de la rue, à nos cheveux qui  volent dans le vent de la ville et aux regards qui nous murmurent à l’oreille « tu es belle »… Essayons de temps en temps de nous souvenir de tout cela et de demander, si c’est possible, un tout petit peu moins à notre cher dressing.

Je suis moi même atteinte de la pire forme de ce syndrome, avec le temps j’ai mis au point quelques petites astuces qui m’aident à traverser les phases de crise aiguë.

1. Pinterest à été une véritable révolution. Créer un album de looks qui m’inspirent, qui contiennent des vêtements que je possèdent moi même, se trouve être très souvent la solution qui me sauve. Je me sers un thé, je m’installe dans mon canapé et je fais défiler les photos. Je finis souvent par trouver le look qui répond à mon humeur du jour, je n’ai plus qu’à trouver les pièces de mon dressing qui recréeront l’esprit du look que j’ai choisi.

2. Une autre de mes petites astuces est de prendre en photo dans mon miroir mes propres looks et les stocker sur mon iPhone. Je peux ainsi les retrouver facilement.

3. Une autre astuce qui nécessite cette fois-ci l’aide d’une amie, est de faire essayer mes vêtements à une tierce personne, en l’occurence ma meilleure amie, me permet de redécouvrir mes vêtements. C’est étrange mais cela fonctionne, je les vois d’un nouvel oeil et ils me plaisent à nouveau.

4. Et enfin, trier mon dressing est à chaque fois une excellente chose: donner où vendre ce que je ne mets plus, être honnête et ne pas garder pour garder. Je m’inspire de la méthode du livre La Magie du rangement de Marie Kondo, je me demande si ce vêtement me met en joie, si ce n’est pas le cas je m’en sépare. Vous n’imaginez pas à quel point le tri est une formidable thérapie.

Lorsque ces solutions ne suffisent pas, c’est bien souvent parce que le problème ne vient pas du contenu de mon dressing mais du regard que je porte sur moi. Malheureusement pour ces moments là, comme vous, je n’ai pas de solution, a part peut être, chanceuse que je suis, le regard de mon mari…

Tendrement

Emeline B.

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